L’ORDRE DES MOTS DANS LA PHRASE

Une grande liberté règne en Neo quant à l’ordre des mots dans la phrase, la préoccupation majeure restant toujours de s’exprimer de façon claire et euphonique.

LA PLACE DE L’ADJECTIF. L’adjectif peut, au choix, précéder ou suivre le nom auquel il se rapporte, selon ce qu’on juge être plus harmonieux, ou selon le poids ou la nuance que l’on veut donner à l’adjectif même.

Ainsi pour «une grande église», on peut aussi bien dire un gran klezo que un klezo grana.

Lorsque plusieurs adjectifs se suivent, il est préférable de les placer après le nom:

mi vidir un fem bruna, minsa, eleganta e nusa pasi rapide Je vis une femme brune, mince, élégante et jolie passer rapidement

DEUX NOMS PRÉCÉDANT UN VERBE. Il arrive, surtout en poésie, que deux noms, dont l’un est le sujet et l’autre le complément, précèdent le verbe. C’est en ce cas le deuxième nom, donc celui qui est le plus près du verbe, qui est le sujet:

Lo fel Jan vidir Jean vit la jeune fille
Jan lo fel vidir La jeune fille vit Jean
Lo vunun lo fem mirar La femme regarde le blessé
Lo fem lo vunun mirar Le blessé regarde la femme

De même, lorsque deux noms, sujet et complément, suivent un verbe, c’est celui qui en est le plus proche qui est le sujet:

mirar l’infan lo matro l’enfant regarde la mère
mirar lo matro l’infan la mère regarde l’enfant

Il est évident que, dans la prose courante, il vaut mieux dire, pour les exemples ci-dessus: Jan vidir lo fel; lo fel vidir Jan; lo fem mirar lo vunun; lo vunun mirar lo fem; l’infan mirar lo matro; lo matro mirar l’infan.

PLACE DU COMPLÉMENT.

Lorsque le complément est un nom, il se place de préférence après le verbe:

Petro ar un kanyo Pierre a un chien
Luis kofir lo dom Louis acheta la maison

Lorsque le complément est un pronom, il précède de préférence le verbe:

Mi t’amar je t’aime
Nos ve vidar nous vous voyons

Mais si l’on veut donner plus de poids à ce pronom complément, on le place toujours après le verbe:

Mi amar te c’est toi que j’aime
Nos vidar ve c’est bien vous que nous voyons

INTERVERSION. En général le verbe suit le sujet (sauf dans la forme interrogative). En poésie cependant, et du moment qu’on s’arrange pour éviter la confusion, l’interversion est permise:

se en gir Jan triste Jean s’en allait tristement
fir l’oldin un bel sonyo la vieille fit un beau rêve

UN NOM SE RÉFÉRANT A PLUSIEURS AUTRES

Les expressions suivantes peuvent se traduire à la lettre comme suit:

Transport de personos e merkos Transport de personnes et de marchandises
Sirvo de transport e livro Service de transport et de livraison
Kapler po Damos e Siros Coiffeur pour Dames et Messieurs
Korsos po infanos et adultas Cours pour enfants et adultes
Verkos de pint e dekorazo Travaux de peinture et de décoration
Kontor de kof, vendo e skambo Bureau d’achat, de vente et d’échange

mais on emploie souvent la construction suivante (ne pas omettre le trait d’union à la place indiquée):

Personos– e Merkostransport
Transport– e Livrosirvo
Damos– e Siroskapler
Infanos– e Adultkorsos
Pint– e Dekorazoverkos
Kof–, vendo– e Skambokontor

LA NÉGATION.

On ne peut pas en Neo employer deux formes négatives qui en valent une seule, comme on le fait en français. On dira donc:

el no dormar elle ne dort pas
mi vidar nilun je ne vois personne
il ar nil informo il n’a aucun renseignement
nos ni lasa nous ne sommes jamais fatigués

En conséquence, si en Neo quelqu’un disait: mi no vidar nilun, cela correspondrait à: «il n’est pas exact que je ne vois personne» ou «je ne suis pas sans voir personne».

Ajoutons qu’une seule négation peut se rapporter à plusieurs mots:

vidat nor konat ni vu ni connu
il edar nor dormar plu il ne dort ni ne mange plus
mi var le vidi nor udi je ne veux ni le voir ni l’entendre
il ar nor venat, fonat o skribat il n’est pas venu et il n’a ni téléphone ni écrit

On peut dire également: nor vidat o konat; il noplue edar o dormar; mi var nor le udi o vidi.