MODIFICATIONS ET INNOVATIONS SURVENUES DEPUIS 1961

A l’intention des détenteurs de notre «COURS PRATIQUE» de 1300 pages paru en 1961, nous donnons ci-après une liste des modifications survenues depuis lors dans notre langue.


PRONONCIATION ET ORTHOGRAPHE

Pour la lettre c, normalement prononcée tch, la prononciation facultative ts est admise. Par exemple, le mot princip (principe) peut être facultativement prononc printchip ou printsip;

La lettre j peut être facultativement prononcée dj (comme l’anglais John) ou bien j comme jardin;

nous avons introduit dans notre alphabet la lettre q, qui remplace facultativement ku ou kw. Nous avons ainsi: qin (5), qar (4), qal (qualité), qant (quantité), aqo (eau);

de divers côtés on nous suggère de remplacer la lettre k par q, d’écriture plus facile à la main. Nous avons parlé de cette éventualité à la fin du paragraphe «Alphabet», «Cours Pratique». Nous y songeons toujours, sans pouvoir prendre de décision, les avis des Néistes étant très partagés sur ce point. Si un jour ce remplacement était décidé, la lettre q pren drait dans l’ordre alphabétique la place de k, et l’on devrait, pour éviter des homonymes, modifier l’orthographe d ’un petit nombre de vocables;

pour nous rapprocher des naturalistes (romanistes), nous avons annoncé dans notre «Méthode Rapide», parue en 1965, que la lettre x (prononcée toujours ks) peut désormais remplacer l’s ou le z, de la graphie ou respectivement de la prononciation italiennes, dans les mots comme explor (exploration), expon (exposition), exam (examen), exekut (exécution), etc. Mais nous ne cachons pas que nous gardons personnellement un faible pour la graphie ou la prononciatio nitaliennes de ces mots (esplor, espon, ezam, ezekut) primitivement adoptées et toujours facultativement valables.

longueur des voyelles: comme on le sait («Cours Pratique»), en Neo les cinq voyelles (a, e, i, o, u) sont indifféremment brèves ou longues; cependant, si l’on tient particulièrement à indiquer qu’une voyelle est longue, on peut simplement la doubler (aa, ee, ii, oo, uu).

pour indiquer que l’accent tonique d’un mot international comme «pacha, uléma », etc., se terminant par une voyelle tombe sur cette dernière, on peut soit doubler la voyelle même, soit la faire suivre d’une apostrophe ou d’un h muet, soit enfin y poser le signe de l’accent (cette dernière faculté ne contredit pas la règle qu’en Neo il n’y a pas de signes diacritiques, puisqu’elle ne concerne que des mots internationaux, disons «exotiques»). On peut donc écrire pashaa, pasha’, pashah ou pashà et respectivement ulemaa, ulema’, ulemah ou ulemà.


L’ARTICLE

L’article défini «lo» ne prend pas d’s au pluriel (sauf lorsqu’il précède un mot invariable): lo frat, lo fratos le frère, les frères; lo governo, lo governos le gouvernement, les gouvernements; mais: los kur, los kom, los Duval les pourquoi, les comment, les Duval;

Aussi bien l’article défini lo que l’indéfini un peuvent être omis en Neo, pour autant que cela ne nuise pas à la clarté de la phrase: u nos bel libro nous avons un beau livre; omos tro kredema of dupat les hommes trop crédules sont souvent dupés; labor sorgo d’ix le travail est une source de bonheur.

Lorsque l’article lo est élidé, il doit être suivi d’une apostrophe: l’arbo, l’arbos l’arbre, les arbres; l’olsa objekos les objets en bois; var vu vidi l’garden? voulez-vous voir le jardin?


L’ADJECTIF

L’ADJECTIF ne prend plus d’s au pluriel, sauf lorsqu’il est employé substantivement: za domos grana e bela leurs maisons sont grandes et belles; va pretendos noadmitibla vos prétentions sont inadmissibles.

Rappelons qu’en Neo on peut toujours employer l’adjectif substantivement (comme en français et dans la plupart des langues occidentales): lo bona, lo bonas le bon, les bons; lo mala, lo malas le mauvais, les mauvais; lo blonda, lo blondas le blond, les blonds; kas prifar tu, lo granas o lo letas? lesquels préfères-tu, les grands ou les petits?; mi prifar lo medyas je préfére les moyens.


Les NOMS PRÉCÉDÉS D’UN NOMBRE

Les NOMS PRÉCÉDÉS D’UN NOMBRE ne prennent pas la désinence s du pluriel: is frank dix francs; qin dolar cinq dollars; du glas bir deux verres de bière; tre grup skoleros trois groupes d’écoliers; mi restir ye qar or je suis resté lа quatre heures.


PLUSIEURS MOTS AU PLURIEL SE SUIVENT

Lorsque PLUSIEURS MOTS AU PLURIEL SE SUIVENT et toujours pour autant que cela ne nuise pas à la clarté de la phrase, on peut donner la désinence s au dernier de ces mots seulement: rek- e dovos del civan droits et devoirs du citoyen; eltr- e infanos adsir al ceremon les parents et les enfants assistèrent à la cérémonie; gran- e letas ir mul plazo les grands et les petits eurent beaucoup de plaisir; persone merkos-transport transport de personnes et marchandises.


KI, KO, KE

Nous avons adopté l’emploi suivant de ces mots:

ki (complément ken) désigne le pronom interrogatif ou relatif «qui» et son complément «que»
ko (invariable) désigne le pronom «quoi» («qu’est-ce que») et son complément «que»; (anglais «what», allem. «was»)
ke désigne uniquement la conjonction «que»

Exemples:

ki ye? qui est là?
me dicu ki fonir dun ma absenso dites-moi qui a téléphoné pendant mon absence
ki te vidar? qui te voit?
ken vidar tu (ken tu vidar?) qui vois-tu?
ken lo kanyo kolpir? qui le chien a-t-il frappé?
lo fem ki venar la femme qui vient
lo kem ken tu konar la femme que tu connais
me parar ke lo boy ki venar sama as il ken nos vidir yer il me semble que le garçon qui vient est le même que celui que nous avons vu hier
ko oxar? qu’est-ce qui se passe? («what happens?» — «Was ist los?»)
ko var vu? que voulez-vous? («What do you want?» — «Was wollt ihr?»)
mi no spar ko fi je ne sais que faire
mi krar ke tu no spar ko tu var nor ken tu var vidi je crois que tu ne sais pas ce que tu veux ni qui tu veux voir
ko belira qam primaver? quoi de plus beau que le printemps?
ko kolpar lo kanyo qu’est-ce qui frappe le chien?
kol o kanyo kolpar? qu’est-ce que le chien frappe?


LE MOT FRANÇAIS «SI»

«si» conditionnel: es si tu m’écris, je te répondrai es tu me skribar, mi te rispor; s’il pleut, je reste à la maison es pluvar, mi restar domye;
«si» interrogatif: cu (anglais «whether», allemand «ob») je ne sais pas s’il viendra mi no spar eu il venor; dites-nous si vous acceptez ces conditions ni dieu eu vu ax ep tar et kondisos;
«si» affirmation: ya Ne veux-tu pas? Si, je veux. No var tu? Ya, mi var.
«si» tellement, aussi: tan je ne savais pas que ce serait si beau mi no spir sur tan bela.


LE VERBE

L’impératif et le subjonctif prennent la désinence -u (pour les verbes monosyllabiques -iu, prononciation i-u): atendu ma rispo attendez ma réponse; respektu ta eltros respecte tes parents; mi vur'il venu je voudrais qu’il vienne; fiu va dov e no pavu faites votre devoir et n’ayez pas peur; iu duldo ayez (prenez) patience; siu bona soyez bon; ko var tu mi fiu? que veux-tu que je fasse?

Comme en russe et en beaucoup de langues orientales, le verbe «être» est souvent omis au présent: vu muy amabla vous êtes très aimable; lunde mi sem domye le lundi je suis toujours à la maison.

Cette omission du verbe «être» peut s’étendre à d’autres temps que le présent lorsqu’un adverbe de lieu ou un autre mot situe le moment de l’action: yer nos Parisye hier nous étions à Paris; tu sun she nos tu seras bientôt chez nous; yenepoka festos sontega les fêtes de cette époque-là étaient très somptueuses.

Le suffixe -inda, accompagné de l’auxiliaire «si» (être), peut facultativement remplacer le verbe auxiliaire «i» (avoir) dans les temps composés: mi finda (mi ar fat) j’ai fait; nos vidinda (nos ar vidat) nous avons vu; nos sir vidinda (nos ir vidat) nous avions vu; nos sor vidinda (nos or vidat) nous aurons vu.

Le suffixe -is désigne le VERBE RÉFLÉCHI: mirisi (ou se miri) se regarder; mirisu nel spek (ou se miru nel spek) regarde-toi dans le miroir; il punisar (ou il se punar) il se punit.

SUFFIXES DU VERBE PASSIF

Comme on le sait, le suffixe -at est déjà employé en Neo: batati (ou si batat) être battu; nos batat (ou nos sar batat) nous sommes battus (on nous bat).

Nous adoptons maintenant l’usage facultatif des nouveaux suffixes suivants et qui pourraient apporter des possibilités nouvelles au langage littéraire:

-it passé: batiti avoir été battu; il batit il a été (il fut) battu (on le battit); avedu ke vu batit avouez que vous avez été battus;
-ot futur: tu batot tu seras battu ; sen va elpo nos certe batot sans votre aide, nous serons certainement battus;
-ut conditionnel: tu batut tu serais battu; sen armos, zi batut pe tan posa nemik sans armes, ils seraient battus par un aussi puissant ennemi.


L’ADVERBE DE LIEU «OÙ»

L’ADVERBE DE LIEU «» se traduit, selon les cas, comme suit: vo (arrêt), unde (provenance); qo (direction); voe (voie).

Vo el nun? Où est-elle maintenant?; unde tu? d’où viens-tu?; («venir», dans cette dernière phrase, comme «aller» dans les deux suivantes, n’ont pas besoin d’être traduits en Neo); qo tu? où vas-tu? («quo vadis?»); voe post? par où va-t-on à la poste?; voe spedir tu lo brif? par quelle voie as-tu expédié la lettre? mi spedir it ive je l’ai expédiée par avion.


DEGRÉS DE COMPARAISON

Le suffixe comparatif -ir signifie «plus»: granira plus grand, letira plus petit, belira plus beau, abondira plus abondant.

La conjonction qam indique une différence dans la comparaison (anglais «than», allemand «als»): il granira qam tu il est plus grand que toi; eto shirira qam yeno ceci est plus cher que cela; mi prifar vivi ik qam ye je préfère vivre ici plutôt que là-bas;

par contre, as désigne l'égalité: nos as pova as vu nous sommes aussi pauvres que vous; lo rizult exakte as previdat le résultat est exactement comme prévu; et floros no as bela as yeras ces fleurs ne sont pas aussi belles que celles d’hier; frutos nun cipira qam yeme mo as shira as pasanye les fruits sont maintenant meilleur marché qu’en hiver, mais aussi chers que l’année dernière.


NOUVEAUX AFFIXES

Nous avons adopté les suffixes suivants:

-eg (de l’Esperanto) pour «grand, très»: arbego grand arbre; belega, très beau;
-ar (de l’Esperanto) pour «ensemble, collectivité» (conjointement avec -ey, -io): omaro (omeyo, omio) humanité (les hommes); noblaro (nobleyo, noblio) la noblesse (les nobles);
ri- pour «remplacement»: rimatro belle-mère (par remariage); rifrat demi-frère; ripyes piéce de rechange; rigumon pneu de rechange; rigoverno contre-gouvernement, gouvernement fantoche;
duf- pour «difficile»: dufdicibla difficile à dire; dufkontibla difficile à compter;
ize- pour «facile»: izefibla facile à faire; izedigestibla facile à digérer;
ek- (de l’Esperanto) pour «commencer» (conjointement avec -ens): ekparli (parlensi) commencer à parler; ek-kanti (kantensi) se mettre à chanter; ekvendi (vendensi) commencer à vendre; ek-kursi (kursensi) se mettre à courir. L’euphonie dictera le choix éventuel d’un de ces deux affixes.


GÉNITIF ET ACCUSATIF

Nous avons adopté l’emploi facultatif des affixes suivants:

’y, ’oy pour le génitif (comme l’anglais ’s): patro’y amik l’ami du père; ma fratos’oy skol l’école de mes frères; Zamenhof’oy genya kreo la création géniale de Zamenhof;
’n, ’on pour l’accusatif, seulement quand le complément précède le sujet et lorsque cela est vraiment nécessaire pour préciser quel mot est le complément. filyo’n vidir patro (lo patro vidir lo filyo) le père vit le fils; ma soro’n libar Jan (Jan libar ma sor) Jean aime ma sœur; mais il suffit de dire: ta frat mi libar (et pas ta frat’on, car mi, nominatif, étant nécessairement le sujet, frat ne peut être que le complément.)



SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE DU «COURS PRATIQUE»

Nous donnons ci-après un supplément au Dictionnaire, en priant nos lecteurs de vouloir bien prendre note de ce qui suit:

les verbes monosyllabiques pri, ri, ski (Verbes Monosyllabiques) sont supprimés; à leur place on doit employer: preni (prendre), ritri ou baki (retourner) et aski (demander);

les mots farto, farti sont supprimés et remplacés par depart, departi (départ, partir); pour «département» on doit dire ripart ou department;

le mot dev(a) (divers), phonétiquement trop semblable à def(a) (différent) est supprimé et remplacé par diversa;

certa, certe, certeso signifient maintenant uniquement «certain, certainement, certitude»; pour «un certain, certaine chose, de certaine façon » on dit: serta, sertun, serto, serte: sert libros muy plaza certains livres sont très agréables; sertun askar ve parli un certain (homme, Monsieur) demande à vous parler; mi spar serto ki ve plor je sais une certaine chose qui vous plaira; eto exekutenda serte ceci est а exécuter d’une certaine façon.