L’ÉLISION

ELID

On a LA FACULTÉ (non l’obligation) d’élider, par euphonie et TANT QUE CELA NE NUIT PAS A LA CLARTÉ DE LA PHRASE:

1) l’article devant un mot commençant par une voyelle:

L’om, l’omos l’homme, les hommes
L’eldo, l’eldinos le héros, les héroïnes
L’aventur, l’argumentos l’aventure, les argumentos

2) la préposition de, la préposition ou le pronom ke, ainsi que le pronom complément, devant un mot commençant par une voyelle:

l’aventur d’un boy l’aventure d’un garçon
l’orelos d’et asno les oreilles de cet âne
d’un id d’erso d’un jour d’automne
il dicar k’eto il dit que cela est impossible
lo fem k’il amar la femme qu’il aime
mi t’amar je t’aime
nos v’amor mul nous vous aimerons beaucoup

3) L’adjectif de deux syllabes (une syllabe après élision) ou au maximum de trois syllabes (deux après élision) lorsqu’il PRÉCÈDE le nom qu’il détermine, JAMAIS LORSQU’IL LE SUIT:

et dom (pour eta dom) cette maison
yen floros (p. yena floros) ces fleurs-là
nus let domos (p. nusa leta domos) de jolies petites maisons
un gran e bel klezo une grande et belle église
mi ricir ta gentil brif j’ai reçu ta gentille lettre
let domos e klezos grana de petites maisons et de grandes églises

4) la désinence o du nom AU SINGULIER. JAMAIS LE PLURIEL DU NOM NE PEUT ÊTRE ÉLIDÉ (voir la paragraphe «NOM»)

5) la désinence at du participe passé, employé substantivement AU FÉMININ:

l’akuzat, l’akuzin (p. akuzatin) l’accusé, l’accusée
ma libat, ma libin mon chéri, ma chérie
ma benamat, ma banamin mon bien-aimé, ma bien-aimée
l’inamorat, l’inamorin l’amoureux, l’amoureuse

6) toujours AU FÉMININ, pour éviter des mots trop longs, le suffixe er et d’autres suffixes:

biblioteker, bibliotekin le, la bibliothécaire
korespondent, korespondin correspondant, –nte
matematist, matematin mathématicien, –cienne

7) l’a final de l’adjectif employé substantivement dans un sens absolu: lo real le réel; lo noreal l’irréel; lo mal le mal; lo bel le beau; lo lad le laid.

8) en poésie, n’importe quel mot, lorsque le sentiment le dicte, ou lorsque le rythme ou la musicalité du vers le suggèrent.

Il faut toujours se souvenir que l’élision, SUBORDONNÉE A L’EUPHONIE ET A LA CLARTE, n’est JAMAIS OBLIGATOIRE.

Pour prévenir des confusions, éviter d’élider:

1) les mots se terminant go, ga (le g final pourrait se confondre avec k)

2) les adjectifs et adverbes numéraux;

3) les adjectifs osa, vera, ora, kora, liga, aqa, sila, noka, nega, yaza, ainsi que les noms comme foro, dolo, kolo, polo, vero (confusion possible avec le verbe for, avec les prépositions contractées dol, kol, pol, ou avec la préposition simple ver).

En ligne générale, l’élision est pratiquée plus souvent en poésie et dans le langage familier, plutôt que pour la science et la technique, où la précision est de rigueur.